Affichage des articles dont le libellé est Chroniques d'ici. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chroniques d'ici. Afficher tous les articles

Chroniques d'ici, Dieppe, Nouveau-Brunswick

Voila un moment que je n'avais pas pris le temps de faire connaissance avec d'autres francophones vivant au Canada. Pour cette nouvelle Chronique, je vous emène du coté de Dieppe, dans la province du Nouveau-Brunswick. Nous allons y rencontrer un couple de jeunes immigrants français vivant au Canada depuis presque 1 an.

Le Nouveau-Brunswick - source : www.wikipedia.com


Pouvez-vous vous présenter ?

"Martin et Martine", sémillants trentenaires fraîchement immigrés à Moncton, Nouveau-Brunswick. Martin est développeur, Martine est traductrice indépendante et (scoop) l'unique rédactrice du célèbre (?) blog "Les Néo-Brunswickois", où elle raconte nos aventures tragi-comiques en terre canadienne.



Quel a été votre principal défi en arrivant au Canada ?

Nous ne sommes pas des animaux sociaux, loin de là, mais repartir de zéro au niveau social était un défi. Nous nous en sommes finalement bien sortis, même si la plupart de nos fréquentations sont européennes. Le prochain défi : trouver comment arriver à connaître plus de Canadiens pour ne pas se contenter d'un cercle social d'immigrés.


A ce jour, selon vous, quels sont les 4 avantages de vivre au Nouveau-Brunswick ?

- une province bilingue. Le frisson de pouvoir commander son hamburger en anglais, la certitude d'être compris lors des démarches officielles en français,

- le coût de la vie est bas ; le coût de l'immobilier est dérisoire,

- une excellente qualité de vie ; ici personne n'est stressé, on vit au vert, on est proches de la Nature et de l'océan, bref on respire,

- les habitants des provinces maritimes sont réputés pour leur gentillesse et je dois dire que nous n'avons pas eu un mot plus haut que l'autre en presque un an,

phare de la plage Parlee


A ce jour, selon vous, quels sont les 4 inconvénients de vivre au Nouveau-Brunswick  ?

- l'isolement. Tout est relatif, évidemment, nous ne sommes pas au Nunavut. Mais les prix des vols et les distances sur la route font qu'on peut se sentir passablement éloignés du monde. Il faut 10 heures de voiture ou 17 heures de train pour aller à Montréal, et le train ne passe que trois fois par semaine !

- la province est une terre d'immigration toute neuve, les gens n'ont pas forcément l'habitude d'être confrontés à des étrangers et si personne ne nous le dit en face, il peut exister une certaine hostilité envers les immigrants,

- qui dit région rurale, dit difficulté pour trouver à bon prix certains produits qui nous sont chers, comme le fromage. J'imagine qu'à Montréal, on trouve de tout, mais ici, le moindre reblochon coûte 40 $,

- et en n°4, euh... le fait d'être pratiquement obligés d'avoir une voiture ? C'est propre à toutes les petites villes nord-américaines et non endémique au NB, mais l'absence de transports en commun est un inconvénient quand on n'a pas l'habitude de rouler tout le temps,


Pourquoi avoir choisi de vivre au Nouveau-Brunswick ?

Moncton est bien souvent un choix de raison, et nous ne faisons pas exception à la règle. Plus que charmante, nous habitons une ville pratique, qui allie emplois, aéroport international et position de carrefour dans la province, entre Halifax, l'Atlantique, la baie de Fundy et les terres.


Le centre-ville de Moncton

Le Nouveau-Brunswick est encore peu connu par les candidats à l'immigration, et compte donc moins de Français qu'à Montréal ou Québec, ce qui était un point positif indéniable pour nous.

Soyons aussi honnêtes : il est beaucoup plus simple et rapide d'entrer au Canada par le Nouveau-Brunswick que par le Québec. Cela ne veut pas dire que nous n'aimons pas notre province d'adoption, mais c'est un facteur logistique à prendre en compte.


drapeau Nouveau-Brunswick


Depuis votre installation au Canada, qu'est ce qui vous étonne ou vous surprend le plus ici ?

On ne s'est toujours pas remis de l'omniprésence des drive-in (appelés ici "drive-through"). Tu veux un café, un sandwich, de l'alcool ou des billets de banque sans quitter ton volant ? C'est possible !

Le patriotisme bon enfant des Canadiens, qui affichent leur amour de leur pays par d'innombrables drapeaux. Un spectacle toujours étonnant, voire rafraîchissant, pour qui est habitué à voir le drapeau tricolore uniquement brandi en symbole d'un nationalisme nauséabond.

Les horaires le soir : on a désormais compris que le dîner ("souper" ici) se tenait à 17 heures, mais quelle ne fut pas notre surprise, en plein mois d'août, en pleine région touristique, de trouver porte close après 18 heures dans de nombreux motels et campings... Sans oublier le magasin d'alcool qui ferme à 21 heures le samedi soir ? Nous avons toujours un peu de mal à nous faire à ces horaires, mais ça viendra !

Les animaux partout ! À chaque fois qu'on sort courir, marcher, faire du vélo, on tombe sur des faisans, des rats musqués, des oies sauvages, des ratons laveurs, des cerfs...


Raton laveur en bordure de route dans la baie Fundy


La multitude d'activités organisées par les municipalités du Grand Moncton. J'ignore si c'est pareil partout dans le pays, ou si simplement on y est plus sensibles parce qu'on découvre une région d'un œil neuf, mais la quantité de choses à faire, souvent gratuitement, est faramineuse : concerts été comme hiver, patinoire, festivals, traîneau à cheval, mise à disposition de raquettes et ski de fond, chocolat chaud gratuit dans tous les sens...


Parlez-nous de la région où vous vivez actuellement

Nous vivons à Dieppe, la plus grande ville acadienne au monde. Nous sommes en Acadie, une nation dans la nation canadienne, avec son accent, son vocabulaire, son histoire tragique (le grand dérangement et la déportation des Acadiens si vous voulez chercher), bref une région avec une forte identité. Le grand Moncton est globalement bilingue, ce qui augmente encore le dépaysement à nos yeux.


Le parc Saint-Anselme de Dieppe

Nous sommes aussi à quelques encablures de l'océan, qui se trouve à 20 km à peine. Pour nous qui venons des montagnes, c'est un émerveillement que d'aller se baigner dans l'océan après le travail ou d'aller faire du canot de mer le week-end ! 


Marche près des rochers Hopewell

La région se compose de tourbières, de forêts et est assez vide. Il y a autant d'habitants au NB qu'en Haute-Savoie, pour 17 fois sa surface ! Autant dire qu'on ne se sent pas à l'étroit, et c'est tant mieux.


A quelles occasions utilisez-vous le français ?

À peu près tout le temps sauf dans certains magasins. Et encore : les francophones ont tendance à passer tout de suite au français en nous entendant. Martin travaille à moitié en anglais, mais sinon, nous parlons évidemment français entre nous, et nos amis sont des francophones d'ici et d'ailleurs.

Tintamarre pour la fête de l'Acadie


En quoi consiste votre travail ? Avez-vous eu des difficultés pour faire reconnaitre ce que vous avez appris en France ?

Martin : développeur web. J'ai un titre d'ingénieur qui n'est pas reconnu ici, mais pour l'instant, cela ne m'a pas empêché de trouver deux emplois dans ma branche.

Martine : traductrice indépendante. J'ai pris mes clients européens sous le bras (métaphoriquement) et j'ai recommencé. Rien n'a changé, hormis qu'après 14 heures, je suis tranquille grâce au décalage horaire avec la France : je sais que tous mes clients sont rentrés chez eux !


Pensez-vous que l'immigration a influencé votre caractère ou votre façon de voir les choses ?

Martine : j'avais vécu en Nouvelle-Zélande pendant mes études, vivre à l'étranger ne m'était pas inconnu. C'est d'ailleurs grâce à cette expérience que j'ai pu anticiper quelques difficultés ici (notamment le fait de ne pas trop prendre son temps pour se recréer un tissu social et d'activités). Il est certain qu'il ne s'agit pas de la même expérience, ne serait-ce parce que j'ai dix ans de plus et que nous sommes arrivés au Canada à deux.

Être à l'étranger nous oblige à voir la France d'un œil extérieur, ce qui est fascinant. Être des immigrants nous oblige aussi à prendre du recul sur notre propre point de vue sur l'immigration, ici ou en France.


Pouvez-vous nous recommander 4 ou 5 idées de visites à faire sur Moncton et sa région ?

Dans la baie de Fundy :
- les incontournables rochers Hopewell, à explorer à pied ou en kayak

- le sentier Fundy, qui est en fait un parc privé accessible à pied, en vélo ou en voiture, avec des panoramas magnifiques 

Parc national de Fundy

Côté Atlantique :
- le parc Kouchibouguac, où on peut faire une jolie journée sportive. Kayak le matin, rando l'après-midi et visite d'un parc à ours le soir : que demander de plus ?

- la dune de Bouctouche, à visiter en été pour s'y baigner


À Moncton même
- le sentier riverain le long de la rivière Chocolat offre une vingtaine de kilomètres de balade à parcourir en vélo

Moncton et la rivière Chocolat

- la place Resurgo est un petit musée interactif parfait pour une après-midi pluvieuse.

Le numéro complémentaire : sur l'Île du Prince Edouard, à 2 heures de Moncton, la capitale Charlottetown est très mignonne et vaut le détour.


Quels endroits du Canada rêvez-vous de visiter, voire même d'habiter ?

Visiter : le Cap-Breton en Nouvelle-Écosse, le Yukon, les Rocheuses, Terre-Neuve, Vancouver, Toronto, Ottawa... PARTOUT ! Martine a déjà prévu de prendre le train entre Toronto et Vancouver dès que possible.

Habiter : se rapprocher de l'axe Toronto-Québec serait peut-être plus pratique. Sinon, Edmonton ou Calgary, pour la proximité avec les montagnes.


Quel regard portez-vous sur la France depuis que vous vivez au Canada ?

Pour nous auto-citer : celui d'une jolie résidence secondaire à dépoussiérer en rentrant.


Qu'est ce qui vous manque le plus de la France ?

Martin : le FROMAGE, le vin, la charcuterie, bref la bouffe.

Martine : les montagnes.


Quelle est votre saison favorite au Canada ?

Faute d'avoir pu vivre l'automne dans toute sa splendeur flamboyante puisque nous sommes arrivés mi octobre dernier, pour l'instant, on dira l'hiver ! Neige + soleil + activités = cocktail gagnant pour profiter à fond de cette saison pourtant redoutée.

balade en raquette après une tempête de neige


Fin

Je remercie très chaleureusement "Martin et Martine" pour avoir participer à cette interview et avoir partagé avec nous le début de leur aventure canadienne ! N'hésitez pas à les suivre sur leur blog personnel : lesneobrunswiquois.com

Et puis, si vous avez aimé cette petite chronique, vous aimerez surement découvrir ou redécouvrir les portraits précédents :


Vous êtes francophones, non canadien (ou avec la double nationalité) et vous vivez dans l'une des provinces ou territoires du Canada, n'hésitez pas à communiquer avec moi. Ce sera l'occasion de faire découvrir votre province, les challenges que vous avez surmontés ainsi que les différences que vous avez vécues ou que vous vivez au quotidien en lien avec votre immigration.

Chroniques d'ici, Ivujivik, ᐃᕗᔨᕕᒃ, Québec

Aujourd'hui, je vous propose une chronique un peu différente des articles précédents. Lors des dernières rencontres, je me suis entretenu avec des immigrants francophones vivants au Canada depuis plusieurs années. Cette fois-ci, nous allons rencontrer un couple de québécois qui ont décidé de travailler dans le grand nord québécois à Ivujivik (ᐃᕗᔨᕕᒃ  en Inuit). Ce petit village d'un peu plus de 350 personnes est situé à plus de 1500 kilomètres au nord de Montréal et possède la particularité d'être le village le plus septentrional de la province québécoise.
 
Au fil des questions, nous découvrirons le portrait de Vincent et Andrea  qui nous parlent de leur projet, leur condition de vie et les particularités qui font le quotidien de nos interviewés du jour !  
 
source carte : www.wikipedia.com
 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je me nomme Vincent Pilotto. J'ai grandi sur une petite ferme dans le Bas-St-Laurent, dans la région du Kamouraska. Je tiens maintenant un Blog qui s'intitule: « Aventure Nord », vous pouvez le visiter à l'adresse suivante : www.aventurenord.uniterre.com.

J'ai 27 ans, je partage ma vie avec ma conjointe Andrea Riendeau. Nous avons un enfant de 1 an et demi, Éloi, et nous attendons notre prochain pour le mois de décembre.

 
La petite famille au Nunavik, Qc


Depuis le mois d'aout 2012, nous vivons une aventure extraordinaire. Andrea et moi sommes enseignants dans une communauté au Nunavik, dans le village le plus septentrional du Québec : Ivujivik. Andrea enseigne Histoire, Géographie et Arts et moi j'enseigne l'éducation physique.

Pourquoi avoir choisi de partir dans cette région ?

Nous avons décidé d'habiter le Nunavik parce que nous avions soif d'aventure. Nous sommes québécois, mais cette partie du Québec est étrangère à la majorité d'entre nous. C'est une région géographiquement bien isolée, aucune route ne permet de s'y rendre et c'est à plus de 1 500 km de Montréal. Le village dans lequel nous sommes se trouve tout juste au-dessus du 62e parallèle.

Ainsi, en venant enseigner ici, nous avions l'opportunité de combiner une super aventure avec notre travail.

Une sortie nocturne pour admirer les aurores boréales


Quel a été votre principal défi en arrivant dans le grand nord ?

Je dirais que l'adaptation à l'isolement aura été notre plus grand défi.
L'isolement par rapport à notre famille et nos amis. L'isolement par rapport à tout le reste aussi, épicerie ou autres besoins de consommation. Ça ne semble peut-être pas si mal à première vue, mais imaginez un moment vivre dans un endroit où le seul moyen de communication avec l'extérieur du minuscule village est l'avion. Aussi, pour prendre cette avion les prix sont exorbitants. Par exemple, Ivujivik – Montréal, aller et retour : environ 3500$.

Je vous assure, qu'on se sent isolé !

Le désert blanc à quelques pas de la maison


Racontez-nous votre déménagement, comment ca s'est passé ?

Notre déménagement aura été très facile, tout était pris en charge par la commission scolaire Kativik, notre employeur. Autant le déménagement de nos effets personnels que nous-même. Nous sommes arrivés au village et nos boîtes étaient déjà dans notre maison aussi fournis par notre employeur.


Comment ça fonctionne pour la vie de tous les jours ?

Il y a une petite routine qui s'installe rapidement.
Cette routine est par contre idéale pour la vie de famille, elle nous laisse beaucoup de temps étant donné que tout est proche. Pour aller au travail, j'ai 1 minute de marche à faire. Le petit va à la garderie qui se trouve à 10 minutes à pied ou 2 minutes en motoneige.

Perforation dans la glace pour obtenir de l'eau, Nunavik
 
Pour les courses, nous n'avons qu'un petit magasin général, on n'y trouve pas beaucoup de choses, il nous sert plus comme dépanneur. Il faut se dépêcher, puisqu'il ferme entre 12h00 et 13h30 et finalement à 17h00. Donc souvent après le travail, nous allons faire un tour au magasin, sinon beaucoup de randonnée, à pied, en ski et en motoneige.
Nous avons aussi une patinoire intérieur où on peut jouer au hockey, j'y passe deux à trois soirées par semaine. Ma conjointe participe à quelques ateliers de couture avec les femmes du village. Donc comme vous le constater, notre routine est bien là, mais en même temps, elle est très relax.

Ride de Ski-doo / Motoneige

 
Comment se passe votre adaptation aux nouvelles conditions de vie ?

Nous nous sommes passablement bien adaptés. Nous étions prêt à faire face au froid et à l'absence de plusieurs choses qui faisaient partis de notre quotidien. Bien entendu, nous avons eu des hauts et des bas, mais comme nous sommes 2, nous pouvons nous supporter mutuellement. La période de grande noirceur fut aussi une période difficile.
Le soleil se levait à 10h00 pour se recoucher vers 14h00. On ne voyait pratiquement pas de lumière, il était difficile de faire des activités dehors. Maintenant c'est tout le contraire, le soleil se lève vers 4h00 du matin et se couche vers 22h00 (bulletin météo Ivujivik)
 
Le soleil de midi en plein hiver
 
Comment s'est passée votre intégration avec votre nouvelle communauté d'accueil ?

Le fait que nous travaillons à l'école, auprès des jeunes et même avec d'autres enseignants Inuit, ça facilite notre intégration. Sinon, je dirais que les gens sont très accueillants, nous connaissions presque tous les habitants du village très rapidement étant donné qu'il y a seulement 350 personnes.
 
 Deux adolescentes qui gardent des petits bien au chaud
dans leur manteau pour maman Inuit
 
Selon vous, à ce jour, quels sont les 3 avantages et inconvénients de vivre dans le grand nord québécois ?

Avantages :
  • Qualité de la vie de famille,
  • Environnement dans lequel on ne ressent pas de pression. La vie ici n'est pas basée sur la performance et le paraître,
  • Le salaire, les avantages sociaux et le mode de vie très économique nous permettra de repartir du Nord avec nos dettes d'étude payées, l'achat d'une maison et des économies en plus,
Désavantages :
  • L'isolement,
  • Lorsque nous reviendrons au sud, il faudra recommencer dans un nouvelle commission scolaire avec aucune ancienneté,
  • Le manque de services avec de jeunes enfants,

Hallo

Depuis votre installation, qu'est ce qui vous étonne ou vous surprend encore le plus ici ?

Ce qui me surprend le plus encore maintenant, c'est la façon dont les enfants sont laissés à eux-mêmes. À partir de 6-7 ans, les enfants font ce qu'ils veulent. On le remarque à l'école dans le comportement des jeunes, ils ne sont pas habitués de se faire imposer des choses à faire.
 
Il est aussi très surprenant de voir les jeunes jouer dehors jusqu'aux petites heures du matin et ce à n'importe quel moment de la semaine.


Parlez-nous de votre région ! 

Ici, le paysage est spectaculaire. Nous sommes bordés à l'ouest par l'immense Baie d'Hudson et au nord par le détroit d'Hudson. Les forts courants de ce détroit d'Hudson amène une grande variété d'animaux autour du village : baleine, beluga, phoque, ours polaire, caribou, loup, renard, lagopède, oies.

Les températures sont en moyenne : 15 degré Celsius durant l'été et en moyenne -35 durant l'hiver. Cependant, ici l'hiver s'étend du mois d'octobre au mois de mai.
 
 Le spectacle régulier des aurores boréales dans le grand nord québécois

Paysage du quotidien

Le peuple autochtone est le peuple Inuit. Ils sont de nature plutôt accueillante et sympathique. C'est un peuple qui a bâtit ses coutumes autour d'un mode de vie de survie. La chasse et la pêche occupent encore une place primordiale pour eux. Il n'est pas rare de voir s'absenter un Inuk de l'école ou du travail parce qu'il fait très beau et qu'il ne peut s'empêcher d'aller chasser ou pêcher. Ils ont une connexion remarquable avec le « land ».
 
Au niveau infrastructure, on ne retrouve que des maisons construites sur pilotis. Il y a bien sûr une école, un bureau municipal, un garage et une centrale électrique. Le village conserve un charme particulier.


En quoi consiste votre travail ?

Je suis enseignant en éducation physique et à la santé. Je dois donc faire tout ce qu'un prof de gym fait à l'école pour enseigner des habiletés physique, pour donner des outils aux jeunes afin de les mener vers un mode de vie sain et actif.

Sortie à la montagne


Dans quelle langue sont vos conversation privées / professionnelles ?

Nous communiquons en français avec la majorité de nos collègues à l'école, mais dès que nous sortons de l'école, l'anglais est beaucoup utilisé.


Est-ce que le fait d'avoir déménagé dans une région différente de vos origines à influencer votre caractère ou votre façon de voir les choses ?

Avoir déménagé au Nord ne change pas vraiment mon caractère. C'est sur que la découverte et l'immersion dans une nouvelle culture change toujours un peu la façon de voir les choses. On remet en perspectives ce qui est vraiment important dans la vie, on se retrouve confronté à ses valeurs. Mais je crois que je demeure tout de même la même personne.


Pour ceux qui aimeraient visiter la région, quels conseils pourriez-vous leur donner ?

D'être habillé chaudement et d'être prêt à prendre des photos !
Mais aussi d'être prêt à devoir faire des concessions, par exemple, oubliez les restaurants, oubliez l'alcool, soyez prêt à économiser votre eau et à calculer votre quantité d'eau usée. Soyez prêt à ce que tout coûte cher.

Trouver de l'eau au nunavik

Qu'est ce qui vous manque le plus ?

Je ne suis pas quelqu'un qui s'ennuie beaucoup, mais ce qui me manque le plus est surement la commodité d'avoir accès facilement à plein de services.


Quelle est votre saison favorite au Canada ?

J'adore l'hiver !!
Un moment en famille
 

Fin


Je remercie très chaleureusement Vincent, Andréa et Éloi pour leur participation et je leur souhaite plein de réussite pour leurs projets actuels et futurs. Si cet article vous a intéressé, découvrez ou redécouvrez les portraits précédents Montréal - Alberta - Ottawa - Toronto - Edmonton et n'oubliez pas la page facebook du blog.

Vous aussi, vous souhaitez participer ? Vous êtes francophones, non canadien (ou avec la double nationalité) et vous vivez dans l'une des provinces ou territoires du Canada, n'hésitez pas à communiquer avec moi. Ce sera l'occasion de faire découvrir votre province, les challenges que vous avez surmontés ainsi que les différences liées à votre immigration que vous avez vécues ou que vous vivez au quotidien.

Chroniques d'ici, Edmonton, Alberta

Cinquième Chronique : cette fois-ci, on part en Alberta à Edmonton pour y rencontrer Béné et Christian, un couple de jeunes français qui vivent au Canada depuis près de 7 ans.

L'Alberta - source : www.wikipedia.com


Les présentations

Béné (originaire de Lyon, France) et Christian (originaire d’Alsace, France), 30 ans cette année.
Nous avons créé notre blog en 2006, à peine quelques mois avant de venir à Edmonton en Alberta pour notre dernière année d’étude. Nous ne devions rester qu’une année mais après avoir obtenu notre MBA de l’Université de l’Alberta, nous avons décidé de profiter du visa de travail offert par la province pour démarrer notre vie active ici.
Cela fait quasiment 7 ans que nous sommes ici et nous avons obtenu la citoyenneté canadienne il y a 3 mois. En 2011 notre premier enfant est né ici.


Quel a été votre principal défi en arrivant au Canada ?


Nous n’avons pas rencontré de problème majeur la première année, durant laquelle nous avons été très occupés par nos cours. Nous avons aussi rencontré beaucoup d’autres personnes à l’université ce qui a favorisé notre intégration.Une fois nos études terminées, notre vie sociale a été affectée quand nous avons commencé à travailler mais en relativement peu de temps, nous avons pu développer à nouveau un cercle d’amis parmi lesquels on retrouve beaucoup de français venus habiter à Edmonton.

Pour le reste, l’attente liée à certaines démarches pour l’immigration a semblé un peu longue par moments, en dépit du fait que nous ayons bien préparé notre projet d’immigration avant de venir au Canada. Il nous aura fallu une quinzaine de mois pour obtenir la résidence permanente. Depuis notre arrivée, nous avons d’ailleurs rencontré quelques Français venus avec l’espoir de s’installer ici, mais qui ont depuis du repartir, faute de visa. En Europe, l’Alberta est souvent présenté comme un eldorado, mais il est important de bien se renseigner avant de venir et de ne pas sous-estimer ses chances d’obtenir un visa.


A ce jour, selon vous, quels sont les 4 avantages de vivre en Alberta ?

  • Le cadre de vie est très agréable. Edmonton offre la plus grande étendue d’espaces verts urbains en Amérique du nord
  • Les Rocheuses sont « proches » (4/5h de route) et offrent des paysages magnifiques et des tonnes de choses à faire en hiver comme en été
  • Il fait froid, parfois très froid durant l’hiver mais le temps est très sec et ensoleillé donc cela reste supportable
  • Il n’y a pas de taxe provinciale (TVA)
 Edmonton - Crédit photo : Béné et Chris

Assemblée Parlementaire de l'Alberta - Crédit photo : Béné et Chris


A ce jour, selon vous, quels sont les 4 inconvénients de vivre en Alberta ?

  • L’hiver qui est un peu trop long à notre goût
  • Les fruits et légumes qui sont chers et plutôt fades (surtout en hiver !)
  • L’éloignement de l’Europe. Il faut au moins douze heures (et deux vols) pour se rendre à Paris et ça coûte un bras et une jambe. Du coup on rentre au mieux tous les 18 mois surtout qu’on a seulement 2 semaines de vacances par an !
Le "Permafrost" au nord de la ville - Crédit photo : Béné et Chris


Pourquoi avoir choisi de vivre en Alberta ?

Cette décision a surtout été motivée par le choix de notre université d’accueil alors qu’on envisageait de faire un double diplôme. L’université de l’Alberta jouit d’une bonne notoriété au Canada, et nous semblait par ailleurs un bon choix pour être assurés de vivre une bonne expérience d’immersion dans la partie anglophone du pays. Nous n’avons pas été déçus !

Drapeau albertain

Depuis votre installation au Canada, qu'est ce vous étonne ou vous surprend le plus ici ?

La propension des Edmontoniens à sortir leurs shorts, leurs tongues et à acheter des glaces dès que le soleil brille et que le mercure repasse dans le positif… C’est assez cocasse !


Parlez-nous de votre région

L’Alberta est une province de l’ouest, un peu plus grande que la France métropolitaine pour seulement 3,5 millions d’habitants. Son emplacement juste à l’est des Rocheuses fait de ce territoire un trait d’union entre les grandes plaines du centre du Canada et la formidable barrière montagneuses formée par les Rocheuses.
Edmonton et Calgary sont les deux grandes agglomérations (un peu plus d’un million d’habitants chacune) et le reste de la population vit surtout dans les zones rurales et vallonnées de la moitié sud, qui alterne entre pâturages pour les bovins, champs cultivés de céréales et zones semi-arides. Le nord de la province est moins peuplé, plus boisé et connu surtout pour l’exploitation des sables bitumineux dans la région de Fort McMurray, ville champignon née pour héberger les milliers de travailleurs qui y affluent.

 
Le climat de l’Alberta est continental, même si un peu rude : le thermomètre peut grimper jusqu’à 30° en été et descendre jusqu’à -50° en hiver. Edmonton reçoit en moyenne 1,80m de neige par hiver (il peut neiger à n’importe quelle température en deça de 0°), mais celle-ci fond progressivement tout l’hiver sous l’action du soleil. Globalement, la sécheresse de l’air contribue à ce que les basses températures soient très vivables.

À Edmonton, les infrastructures offertes sont globalement de très bon niveau et la ville compte d’innombrables espaces verts qui font vite oublier qu’on est en ville, c’est assez impressionnant ! Ce qui est surprenant aussi, c’est le dynamisme des gens qui se lancent le plus souvent bénévolement dans de nombreuses initiatives qui visent à encourager la création artistique, l’innovation ou à célébrer les traditions locales.


A quelle occasions utilisez-vous le français ?

Nous parlons français à la maison et avec une grande partie de nos amis mais très rarement au travail car nous travaillons tous les deux pour des entreprises anglophones.

Avant d’arriver au Canada, Béné avait vécu 7 ans à l’étranger et donc son niveau d’anglais était déjà très bon en arrivant. Christian a toujours aimé les langues et se débrouillait bien aussi. L’accent des Albertains anglophones est plutôt neutre, et assez facile à comprendre.

Ce que nous avons constaté avec le temps, c’est que la plupart des personnes sont patientes et compréhensives les rares fois où nous peinons à trouver les mots justes. Par ailleurs, il y a beaucoup d’immigration au Canada, et en Alberta, et donc si nous rencontrons parfois des difficultés à comprendre ou à être compris, nous ne sommes pas les seuls !


En quoi consiste votre travail ? Est-ce que vous avez eu des difficultés pour faire reconnaitre ce que vous aviez appris en France ?

Comme nous avons tous les deux obtenu un diplôme au Canada, cela a facilité aussi bien sa reconnaissance par les employeurs que les démarches pour obtenir notre premier visa de travail.

Chris : à la fin de mes études, j’ai suivi une formation supplémentaire en accès à l’information et protection des données personnelles. Je travaille pour un groupe hospitalier et mon travail consiste à m’assurer que mon entreprise remplit ses obligations légales par rapport à la protection des données personnelles qu’elle détient.

Béné : Je fais de la gestion de projet et du marketing pour une petite entreprise qui réalise des sites internet et du e-learning.


Estimez-vous que votre immigration a influencé votre caractère ou votre façon de voire les choses ?

Nous pensons parfois à notre vie passée en France, et même si certaines choses nous manquent, nous apprécions de constater à quel point la vie est moins stressante ici. Le cadre de vie est agréable, l’atmosphère au travail est plus détendue et notre niveau de vie est bien supérieur à ce qu’il serait en France.


Pouvez-vous nous recommander 4 ou 5 idées de visites à faire sur Edmonton et sa région ?
  • La région de Canmore/Banff/Lake Louise offre de nombreuses choses à voir pour les visiteurs
Canöe sur le Lake Louise - Crédit photo : Béné et Chris
  • Plus au nord, nous recommandons un arrêt au glacier Columbia puis un tour à Maligne Lake près de Jasper. L’endroit est moins touristique que Lake Louise mais au moins autant majestueux,
  •  
    Grizzly entre Banff et Lake Louise - Crédit photo : Béné et Chris
  • Edmonton : hiver comme été, de nombreux festivals sont organisés à Edmonton (ce qui lui vaut le nom de « Festival City » à la ville). Il y en a pour tous les goûts,
  • Calgary durant le Stampede. C’est à faire au moins une fois, c’est assez grandiose et véritablement dépaysant,
  • Si on a un peu de chance et qu’on aperçoit des aurores boréales, le spectacle est à couper le souffle ! Quand il y en a, on peut les voir depuis n’importe où en dehors des villes
Aurore boréale à Edmonton - Crédit photo : Béné et Chris


Quel endroit du Canada rêvez-vous de visiter, voire même d'habiter ?

Nous rêvons de visiter le Grand Nord (territoires du Nord-Ouest, Yukon et Nunavut) et tous les endroits de la côte est où nous n’avons pas encore pu nous rendre.


Quel regard portez-vous sur la France depuis que vous vivez au Canada ?

Avec le temps, nous sommes arrivés à la conclusion que l’Alberta est aux antipodes de la France : Edmonton est une ville super pour y vivre, peu attrayante à visiter… Et la France, c’est le contraire : fantastique à visiter, mais très stressant et un peu difficile à vivre… Il est juste dommage que les deux soient si éloignées l’une de l’autre !


Qu'est ce qui vous manque le plus de la France ?

Les grèves et les manifs... Non, bien sûr !

C’est difficile à définir, mais c’est un ensemble : les paysages, l’architecture, la variété de la nourriture…. Et surtout la famille et les amis.


Quelle est votre saison favorite au Canada ?

L’été, sans aucune hésitation ! Comme nous sommes bien au nord, les journées sont interminables (il y a de la clarté presque jusqu’à minuit) et les températures sont très agréables. On profite alors de la nature et des espaces verts.
 
 Rochers, lac et montagne près de Moraine Lake - Crédit photo : Béné et Chris
 
Rivière Bow près de Banff - Crédit photo : Béné et Chris

Que trouvez-vous le plus désagréable : le facteur éolien ou le facteur humidex ?

Hahaha ! Très bonne question ! Sans aucune hésitation, le facteur éolien ! L’air est extrêmement sec ici, donc l’humidex n’est vraiment pas une préoccupation…

Fin

Je remercie très chaleureusement Béné et Chris pour leur participation ! Rejoignez leur blog en cliquant ici. Vous pouvez retrouver les quatre précédents billets à Montréal, en Alberta, à Ottawa et à Toronto et n'oubliez pas la page facebook du blog.

Vous êtes francophones, non canadien (ou avec la double nationalité)  et vous vivez dans l'une des provinces ou territoires du Canada, n'hésitez pas à communiquer avec moi. Ce sera l'occasion de faire découvrir votre province, les challenges que vous avez surmontés ainsi que les différences liées à votre immigration que vous avez vécues ou que vous vivez au quotidien.

Chroniques d'ici, Ottawa, Ontario

Pour cette quatrième Chronique, je vous emène du coté d'Ottawa dans la province de l'Ontario. Nous partons à la rencontre de Jerome, immigrant français qui vit au Canada depuis près de 5 ans.

L'Ontario - source : www.wikipedia.com


Peux-tu te présenter ?

Jérôme, 25 ans, je suis originaire de la région Rhône-Alpes et je vis à Ottawa depuis août 2008. Je suis l'auteur du site www.blog-canada.com et d’un guide pour aider les jeunes français à préparer leur départ au Canada.
Après une année d’échange académique à l’Université d’Ottawa, J'ai enseigné le français aux employés du gouvernement canadien dans le cadre d’un PVT (Permis Vacances-Travail). Je suis ensuite retourné à mes études et je termine actuellement la troisième année de mon baccalauréat canadien à l’Université du Québec en Outaouais.
Vidéo promotionnelle de la province de l'Ontario :


Quel a été ton principal défi en arrivant au Canada ?

Mon principal défi a été de réapprendre à communiquer et de me socialiser. Ceci était d’autant plus difficile que je ne parlais (presque) pas un mot d’anglais à mon arrivée.



A ce jour, selon toi, quels sont les 4 avantages de vivre en Ontario ?

L’Ontario est la province la plus peuplée du Canada, on a donc facilement accès à de nombreux biens et services. L’Ontario abrite de magnifiques paysages et édifices (le parc Algonquin, le canal Rideau, le Parlement, etc...). L’Ontario à également l’avantage d’héberger la capitale politique (Ottawa) et économique (Toronto) du Canada et d’être à proximité des États-Unis et du Québec.
C’est également la province qui compte la plus grande communauté francophone canadienne (Franco-Ontariens) hors du Québec. Ils ne représentent cependant que 3 à 4 % de la population ontarienne et ils vivent majoritairement dans les régions situées à proximité de la frontière avec le Québec.

Le Parlement, Ottawa - crédit photo : www.blog-canada.com - Tous droits réservés


A ce jour, selon toi, quels sont les 4 inconvénients de vivre en Ontario ?

Contrairement aux provinces de l’ouest, telles que la Colombie-Britannique, l’Ontario connaît des hivers très froids, avec des températures pouvant descendre en dessous des -30 °C.
Le temps d'attente pour voir un médecin est très long dans la région d'Ottawa. Au service des urgences, il peut dépasser les 10 heures (cependant, j’ignore si ce problème est régional, provincial ou national).
Le coût de la vie en Ontario (logement, transport public, éducation, etc.) est plus élevé qu'au Québec.
Finalement, en Ontario l'alcool n'est pas en vente libre dans les magasins et dépanneurs (il faut aller dans des magasins spécialisés tels que le LCBO ou le Beer store).



Pourquoi avoir choisi de vivre en Ontario ?

Je suis venu au Canada grâce au programme d’échange ORA (Ontario - Rhône-Alpes), donc le choix s’est imposé à moi. En revanche, j’ai choisi la ville d’Ottawa, car c’est la capitale nationale du Canada et c’est l’une des rares villes ayant une université bilingue.

drapeau ontarien


Depuis ton installation au Canada, qu'est ce qui t'étonne ou te surprend le plus ici ?

Le grand nombre de drapeaux canadiens, de voiture de police, de sans-abris, de mendiants et de personnes en fauteuil roulant que l’on croise dans les rues m’a beaucoup surpris à mon arrivée. La présence de la nature et des animaux sauvages dans la ville, ainsi que l’habilité de certains canadiens à passer du français à l’anglais au milieu d’une conversation sont aussi deux phénomènes extraordinaires qui ont capté mon attention.

Aussi, je n’en reviens toujours pas que de nombreux « diner » proposent de re-remplir votre verre gratuitement pendant tout votre repas quand vous commandez un « pop » (une boisson gazeuse) ou du café. Je suis également impressionné par la taille des « larges » gobelets de café à emporter.

Finalement, l’importance presque sacrée du service client, du respect de toutes les différences (ainsi que tous les bienfaits et excès qui les accompagnent) me laisse toujours sans voix.



Parles-nous de la région où tu vis actuellement

Ottawa est une ville ontarienne bilingue située à proximité du Québec. La population est majoritairement anglophone.

The Alexandra Bridge, Ottawa/Gatineau - crédit photo : www.blog-canada.com - Tous droits réservés
Le paysage est très vert et la nature très présente. Les températures peuvent varier de -40°C à +40°C. Les villes de Montréal, Kingston et Toronto sont situées à quelques heures de route d’ici.

Kingston, Ontario - crédit photo : www.blog-canada.com - Tous droits réservés
Ottawa est une ville importante, mais ce n’est pas une métropole hyperactive au même titre que Montréal, Toronto et Vancouver. On y retrouve entre autres, la plus grande patinoire naturelle du monde (le canal Rideau), le Parlement du Canada, l’un des plus anciens et des plus grands marchés publics au Canada (le marché By), le célèbre musée canadien des civilisations et des festivals tels que le festival canadien des Tulipes et le festival International de Jazz d’Ottawa.



A quelles occasions utilises-tu le français ?

J’utilise le français quand je vais au Québec (de l’autre côté de la rivière), c’est à dire que je parle rarement français en dehors de mes cours universitaires. En Ontario, je n’utilise que deux à trois mots de français de temps en temps avec quelques amis canadiens. La majorité de mes fréquentations ne parlent que l’anglais.



En quoi consiste tes études ? Est-ce que tu as eu des difficultés pour faire reconnaitre ce que tu as appris en France ?

Mon DUT français n’était pas reconnu, mais ce n’a pas été un problème pour moi, car j’ai fait le choix de faire un baccalauréat canadien (équivalent d’une licence française) pour me donner le temps de m’adapter à la langue et à la culture générale et spécialisée.
En gros, je me suis donné 3 années pour acquérir toutes les connaissances que les Canadiens ont accumulées en 15-20 ans.



Est-ce que tu estimes que ton immigration a influencé ton caractère ou ta façon de voir les choses ?

Je pense qu’en vivant à l’étranger on acquiert un plus grand recul, une nouvelle perspective et une plus grande ouverture d’esprit. Étrangement, on apprend beaucoup sur soi-même et sur son propre pays en le quittant.



Peux-tu nous recommander 4 ou 5 idées de visites à faire sur Ottawa et sa région ?

- Visiter le parlement d’Ottawa

- Faire du patin à glace sur le canal Rideau

- Faire une randonnée dans le parc de la Gatineau

- Faire du Canoë ou du Kayak à Dow’s Lake

Le canal Rideau gelé, Ottawa - crédit photo : www.blog-canada.com - Tous droits réservés

Le canal Rideau en été, Ottawa - crédit photo : www.blog-canada.com - Tous droits réservés


Quel endroit du Canada rêves-tu de visiter, voire même d'habiter ?

Je rêve de traverser l’ouest du Canada en train et d’aller voir le lac Louise en Alberta. J’aimerais également visiter Vancouver en Colombie britannique et observer les aurores boréales dans les Territoires du Nord-Ouest, au Yukon ou au Québec.
J’aimerais habiter dans une grande ville anglophone telle que Toronto, mais si déménagement il y a, ce sera probablement pour partir vivre à Halifax, où vit la famille de ma moitié canadienne.



Quel regard portes-tu sur la France depuis que tu vis au Canada ?

Mon regard n'a pas changé. J’aime toujours autant la France. J'ai simplement pris du recul et mes critiques positives et négatives sont plus constructives qu'elles ne l'étaient avant mon départ



Qu'est ce qui te manque le plus de la France ?

La famille, les amis, le fromage, le vin et les alcools pas chers, le saucisson et les conditions de travail sont les choses qui me manquent le plus.



Quelle est ta saison favorite au Canada ?


Il est difficile d’avoir une saison préférée entre un hiver trop froid et trop long, un été trop chaud et trop court et l’hiver suivant… Le printemps et l’automne sont agréables, malheureusement ils ne durent pas.

Westboro beatch - crédit photo : www.blog-canada.com - Tous droits réservés


Pour toi, quel est le plus désagréable entre le facteur humidex ou le facteur éolien ?

Le vent est définitivement la pire chose pour moi durant l’hiver. Surtout quand il fait passer une température « réelle » de -30°C en une température ressentie de -40°C.

  
        Fin            

Je remercie très chaleureusement Jérôme pour sa participation au billet Chroniques d'ici.

Vous pouvez retrouver les trois précédents billets en Alberta (cliquez-ici), en Ontario ( cliquez-ici) et au Québec (cliquez-ici). N'oubliez pas également la page facebook du blog !

Vous êtes francophones, non canadien (ou avec la double nationalité) et vous vivez dans l'une des provinces ou l'un des territoires du Canada, n'hésitez pas à communiquer avec moi. Ce sera l'occasion de faire découvrir votre milieu de vie, les challenges que vous avez surmontés ainsi que les différences liées à votre immigration que vous avez vécues ou que vous vivez au quotidien. Je vous attends !

Chroniques d'ici, Montréal, Québec

Après l'Alberta et l'Ontario, je vous propose aujourd'hui de rencontrer Célia et Yann, un couple de jeunes français installé à Montréal depuis un an et demi.

Le Québec - source : wikipedia.com


Une petite présentation ?

Célia et Yann du blog Poutine & Tartiflette. Nous sommes résidents permanents et nous vivons à Montréal depuis juin 2011. Nous travaillons tous les deux, Yann dans une entreprise du domaine des jeux vidéos et Célia dans une université.

Montréal - crédit photo : www.poutineettartiflette.blogspot.ca - Tous droits réservés


Quel a été votre principal défi en arrivant au Canada ?

Notre principal défi en arrivant au Québec a été de recommencer notre vie à zéro, tant au niveau professionnel, que social :
 
Professionnellement, il a fallu se réadapter car les codes au travail sont différents. Grâce à la formation organisée par le MICC que nous avons suivi à notre arrivée, notre intégration professionnelle a été facilitée et nous avons eu toutes les cartes en main pour chercher et trouver un emploi qui nous plaise vraiment.
 
Socialement, nous avons fait de très belles rencontres à Montréal. Nos amis sont mexicains, brésiliens, belges, français, québécois, canadiens. On se crée une deuxième petite famille quand on vit à l’étranger et c’est très important pour nous.

Pour l'instant nous pensons avoir bien relevé ce défi car nous nous sentons très bien dans notre nouvelle vie et tout se passe comme nous l'espérons.
 
 
A ce jour, selon vous, quels sont les 4 avantages de vivre au Québec ?

- La langue française qui a simplifié notre installation ici
- L'ambiance accueillante et respectueuse
- De bons avantages sociaux qui sont pour nous un réel atout
- Des paysages magnifiques et différents à découvrir dans toute la province


Fjord du Saguenay - crédit photo : www.poutineettartiflette.blogspot.ca - Tous droits réservés



A ce jour, selon vous quels sont les 4 inconvénients de vivre au Québec ?

Jusqu'à présent nous n'avons pas ressenti d'inconvénient à vivre au Québec !



Pourquoi avoir choisi de vivre au Québec ?

Tout simplement parce que nous adorons Montréal et pour les avantages qu'on a cités ci-dessus ;)

Montréal la nuit - crédit photo : www.poutineettartiflette.blogspot.ca - Tous droits réservés

drapeau québecois


Depuis votre installation au Canada, qu'est ce qui vous étonne ou vous surprend le plus ici ?

Le respect dans les line up pour prendre son bus par exemple, c'est assez déconcertant quand on arrive de France ... :)

Et plus sérieusement la diversité culturelle qui fonctionne très bien ici.



Parlez-nous de la région où vous vivez actuellement

Nous vivons maintenant à Montréal depuis plus d'un an. Nous adorons cette ville. Chaque quartier est bien différent. En nous installant ici nous voulions vivre dans un endroit avec une vraie vie de quartier et nous avons choisi le Vieux-Rosemont. Nous nous y sentons très bien avec ses commerces, ses restaurants et ses habitants.


Montréal a une vie culturelle très importante. Il y a toujours tout à un tas d'activités et nous essayons d'en profiter au maximum.


Montréal et ses festivals - crédit photo : www.poutineettartiflette.blogspot.ca - Tous droits réservés


Utilisez-vous le français dans vos conversations ?

Oui à 90%. Yann lui utilise un peu l'anglais dans sa job



En quoi consiste votre travail ? Est-ce que vous avez eu des difficultés pour faire reconnaitre ce que vous avez appris en France ?

Pour Célia, qui est dans le domaine administratif, ça a été très facile de valoriser son expérience professionnelle acquise en France. Elle a rapidemment trouvé un job très intéressant dans son domaine.

Yann de son côté a obtenu un job dans l’entreprise qu’il souhaitait intégrer pour un poste moins en rapport avec sa formation dans le design mais il y aura des possibilités d’évolution par la suite.



Est-ce que vous estimez que votre immigration a influencé votre caractère ou votre façon de voir les choses ?

Oui c’est sûr. On pense avoir beaucoup évolué depuis que nous sommes ici. Tout est nouveau quand on immigre dans un autre pays, il faut tout réapprendre en quelque sorte et oublier un peu les repères de notre ancienne vie. On s’ouvre plus aux autres ce qui permet aussi de faire de belles rencontres.



Pouvez-vous nous recommander 4 ou 5 idées de visites à faire sur Montréal et sa région ?

- Montréal pour son aspect cosmopolite, ses activités culturelles et ses festivals. C'est une ville très attachante.
- L’île D’Orléans pour son côté maritime et la découverte de ses nombreux produits locaux.
- Le Fjord du Saguenay, impressionnant.
- L'aspect authentique des Cantons de l’Est et la route des vins seulement à 1h de Montréal.

Paysage du Québec - crédit photo : www.poutineettartiflette.blogspot.ca - Tous droits réservés


Quel endroit du Canada rêvez-vous de visiter, voire même d'habiter ?

Vancouver nous attire beaucoup.
La Colombie Britannique est une province que nous aimerions beaucoup visiter surtout pour découvrir ses paysages, et rejoindre l'océan pacifique. Nous aimerions traverser le canada en voiture pour nous y rendre. Ce serait l'occasion de faire un superbe road trip.



Quel regard portez-vous sur la France depuis que vous vivez au Canada ?

On a l’impression que le pays est un peu dans une impasse et que les gens sont de moins en moins tolérants. On espère que c'est juste un ressenti ...



Qu'est ce qui vous manque le plus de la France ?

La famille et les amis sont ce qui nous manquent le plus. Parfois la distance est difficile mais avec internet les choses sont rendues plus faciles.



Quelle est votre saison favorite au Canada ?

Pour l’instant l’hiver. Nous aimons la neige, le froid et c’est incroyable de voir qu’il y a tant d’activités à faire au Québec pendant cette saison. 


Crédit photo : www.poutineettartiflette.blogspot.ca 
Tous droits réservés







A Montréal, la grande majorité des patinoires (carte des patinoires de Montréal) et des glissades sont gratuites. On peut aussi faire de la randonnée en raquettes et du ski de fond au parc du Mont Royal.

Crédit photo : www.poutineettartiflette.blogspot.ca 
Tous droits réservés















Dès qu'on sort de la ville, il y a de magnifiques balades à faire sous la neige (en raquettes, en skis, en traineau à chiens, en motoneige…). On ne s'ennuie pas l'hiver au Québec.







Pour vous, quel est le plus désagréable entre le facteur humidex et le facteur éolien ?

Humidex sans hésiter !

        Fin             

Je remercie très chaleureusement Célia et Yann pour leur participation ! Rejoignez leur blog en cliquant ici.
 
Vous pouvez retrouver les deux précédents billets en Alberta (cliquez-ici) et en Ontario ( cliquez-ici).
N'oubliez pas également la page facebook du blog !


Vous êtes francophones, non canadien (ou avec la double nationalité) et vous vivez dans l'une des provinces ou l'un des territoires du Canada, n'hésitez pas à communiquer avec moi. Ce sera l'occasion de faire découvrir votre milieu de vie, les challenges que vous avez surmontés ainsi que les différences liées à votre immigration que vous avez vécues ou que vous vivez au quotidien. Je vous attends !

Vous aimerez surement :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...